Le Chêne - espace à libérer Le Chêne - espace à libérer

A ce jour, toujours pas de nouvelles du préfet concernant notre demande d’exploitation des terres du Chêne...

Signez notre pétition en ligne, qui lui sera remise aux alentours du 15 novembre (merci de mettre votre nom et votre prénom, pas de surnom qui invaliderait la pétition)


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L'expulsion

Certains d’entre vous doivent se demander ce qui se passe à la Tribu des pas fous depuis son expulsion du Chêne, le 7 Juillet 2008. Avant de faire le point sur les démarches en cours, revenons sur cette expulsion.

26 Juin 2008 (date à partir de laquelle l’expulsion devient possible) / 7 Juillet 2008 (Date effective de l’expulsion)

LIBERTE Dans la France des droits de l’Homme, à l’initiative de la Confédération Paysanne, une table ronde s’organise. Elle a pour objectif de trouver une solution au problème que pose notre installation sur les terres du Chêne. Y sont invités les politiques locaux (Maires, Président du Conseil Général, Président de la Communauté de Communes, Députés, Sénateurs, Conseillers généraux...), les associations (Droit au logement, CIGALE, RAPASSE,...) ainsi que, biensûr, le propriétaire officiel des terres EDISIT, la société de chasse locataire d’une partie des terres et le Préfet. Ironie du sort, la première date avancée pour cette table ronde est le lundi 7 Juillet à 10h ! Devant la difficulté de certains de ces acteurs à confirmer une date, la table ronde est en second temps repoussée à une date ultérieure non définie. Dès lors, nous savons que ni le propriétaire, ni le locataire ne seront présents, ayant tous les deux déclinés l’invitation. Le premier cordialement, le second, Président de la société de chasse du Chêne, de la Croze et de la Magnonie, accompagnant sa réponse négative de nouvelles menaces de mort. Malgré ces obstacles, tout le monde reste convaincu qu’on nous laissera nous exprimer par le biais de cette table ronde avant de décider de notre expulsion. Nous n’aurons pas cette liberté d’expression.

7 Juillet 2008

EGALITE Tenant compte des avis politiques, soutiens et proches ; nous relâchons la pression. Le dimanche 6 au soir, nous nous posons la question "Demain, tour de garde ou pas ?". Nous décidons que l’un d’entre nous se lèverait à 5h afin de voir s’il y avait du mouvement autour de la ferme. Plus pour la forme que par crainte d’une réelle menace. Il quitte donc la ferme en voiture pour faire un rapide tour. Alors qu’il revient en direction du Chêne, il se fait soudainement intercepter par les derniers gendarmes qui rejoignent la ferme. Il est 5h45. Dans la ferme, les gardes mobiles sont déjà là. Le temps d’entendre "dernière sommation avant usage de la force" qu’ils sont déjà dans la maison, donnant l’ordre de se lever et de s’habiller (et là, fille ou garçon n’y change rien, ils te regardent t’habiller jusqu’au bout, des fois que...) puis de quitter la maison. A l’étage, petit laps de temps supplémentaire pour déclencher la chaine téléphonique et prévenir un journaliste (qui ne pourra pénétrer sur les lieux pendant l’expulsion). Dans la cour, la brume matinale a pris une teinte bleue képi. Dans la France de l’égalité, ils sont 60, nous 8. 60 à la ferme mais combien au total, pour bloquer les carrefours sur une ronde de 6 Km afin d’empêcher soutiens et médias de nous rejoindre ? Nous ne pouvons pas nous enchainer à la maison. Nous ne pouvons que quitter les lieux avec nos animaux ; droit refusé dans un premier temps (il faut dire que ça les arrangeait de ne pas devoir courrir derrière nos chevaux, ânes, chèvres, poules...)

FRATERNITE Les gendarmes qui hier venaient prendre le café semblent mal à l’aise. Mais états d’âmes ou pas, ils sont là. Là pour obéir et nous faire obéir. Le jugement rendu par la société française a décidé de notre expulsion ; ils vont nous aider à comprendre ce que cela veut dire. On doit évacuer les lieux rapidement. Juste le temps de prendre quelques affaires ("prenez vos sacs de couchage" dira l’huissier, "il ne faut pas que vous ayez froid cette nuit"... !) et les animaux (dans la cohue, 2 poulets se sont échappés... Mais l’humeur des gendarmes n’est pas à la blague) ; et nous partons bien escortés, jusqu’aux Repaires où nous possédons un bout de terre (à 2 Km du Chêne, sur la commune d’Alloue). Le préfet avait mis les moyens pour l’expulsion de ceux qu’il appelait "quatre rigolos et cinq chèvres". Le sous-préfet de Cognac (Pourquoi lui ?), plus de 60 gardes mobiles et gendarmes sur place, deux bétaillères, deux camions de déménagement... Les bétaillères repartiront vides ! En revanche, les camions de déménagement repartiront chargés de toute notre nourriture, celle de nos animaux, et nos quelques affaires à Claix, à 100 Km de là, dans un garde meuble. Transport et gardiennage apparemment à nos frais. Le même huissier si inquiet de nous savoir au froid pour la nuit ne se demande pas comment on mangera ou comment on ira récupérer nos affaires aussi loin. Apparemment il n’aurait pas trouvé plus près. Notre charrette à chevaux a été envoyée à 20 Km, soit 2 jours de cheval aller-retour (merci pour la ballade) car le jour de l’expulsion, notre demande d’atteler la jument a été refusée. Ca devait être beaucoup plus simple pour eux de la faire partir à Lesterps, le camion de remorquage étant sur place. Certaines de nos affaires ont disparu (outils, palonnier, seaux, sardines...), d’autres ont été détériorées. On nous dit de porter plainte...

Instant étrange tout de même quand les gardes mobiles ont dû orienter le troupeau de chèvres qui ne comprenaient pas pourquoi on les dérangeait avant la traite matinale.

LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE quand certains veulent protéger la nature et travailler la terre, et que la société de par ses organes de pouvoir et de contrôle décide de les en empêcher. Nous sommes tous responsables de ce que la Terre devient ; alors il faut savoir au côté de qui on se situe. De ceux qui ne veulent pas de décharge mais qui se disent " de toutes façons on n’y peut rien" (félicitation en passant pour la capacité de résignation) ; où de ceux qui préfèrent plutôt voir de l’agriculture paysanne naturelle, et dans ce cas, Élus, associations, citoyens, venez nous apporter votre soutien !...

Depuis le 7 Juillet 2008, nous préparons avec la Confédération Paysanne un dossier que nous remettrons au Préfet en Septembre. Il comprendra notre dossier d’installation ainsi que les pétitions et les lettres de soutien. La Confédération Paysanne fait appel à ses relations pour que nous puissions réinvestir le Chêne et y mener à bien notre projet.

Si vous connaissez des élus, des politiques, des associations, parlez leur de notre projet ; Nous avons besoin du soutien de tous.

Il faut que le Préfet comprenne que le centre d’enfouissement n’a pas sa place ni ici, ni ailleurs ; que l’agriculture paysanne fait vivre des gens tandis que la pollution de l’eau les fait mourir ; qu’il en va de sa responsabilité de déclencher l’un ou l’autre de ces processus. A lui de choisir : Autoriser l’installation du centre d’enfouissement ou lancer la procédure de constat d’état d’inculture des terres, pièce manquante pour notre demande d’exploitation des terres ?



La Tribu des Pas Fous en confolentais - Hameau du Chêne - 16500 Ansac-sur-vienne

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